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Nous publions cette lettre de Didier Epsztajn et Patrick Silberstein, rédigée à l'issue de l'initiative de la Gauche anticapitaliste du 11 février qui a rassemblé l'ensemble de la gauche de transformation sociale.

 

 Cher(e)s ami(e)s et camarades,

 

«Inorganisés » depuis maintenant longtemps, nous avons l’un et l’autre suivi (et participé quand nous le pensions nécessaire) avec attention toutes les initiatives de convergence de forces de transformation radicale et c’est avec satisfaction que nous avons participé à la réunion du 11 février, à l’initiative de la Gauche anticapitaliste.

 

L’éventail recherché des organisations (politiques, sociales ou associatives) dans la table ronde nous donne le sentiment que se manifeste une volonté d’ouverture, qu’un pas important a potentiellement été franchi par la gauche alternative et radicale.

 

Les analyses proposées insistent sur la conjugaison d’une crise historique du système capitaliste et d’une crise globale de notre relation à l’environnement. Il ne faut cependant pas oublier que le pays dans lequel nous vivons est l’une des puissances dominantes du système capitaliste, à la fois coloniale et impérialiste.

 

Les grands groupes industriels, bancaires ou commerciaux « français » (sur)exploitent des salarié(e)s dans de nombreux pays du monde et participent de l’organisation de la division internationale du travail.

 

La conjonction des forces d’émancipation dans un cadre commun (front, comité de liaison, fédération, etc.) nous semble essentielle pour rendre crédible une alternative majoritaire. C’est une condition, certes insuffisante seule, pour stopper la dégradation des rapports de forces, arrêter l’offensive des classes dominantes et offrir des perspectives politiques à la hauteur des enjeux.

 

Comme probablement beaucoup d’entre vous, nous regrettons la faible prise en compte des transformations du prolétariat, regroupant la majorité de la population vivant en France. Mais majorité ne veut ni dire homogénéité, ni absence de contradictions ou de tensions, ni absence de rapports de domination internes.

 

Il nous semble ainsi qu’aucune solution sociale et politique majoritaire (un bloc social hégémonique), nepeut contourner l’asymétrie des rapports sociaux de sexes (le système de genre, la domination des hommes sur les femmes). Le féminisme ne saurait être un supplément d’âme, il est au coeur de l’actualité même des mobilisations, de l’espérance démocratique et des transformations sociales souhaitées. Ce qui au moins nécessite la défense de l’auto-organisation des femmes y compris dans des cadres non-mixtes.

 

Il en est de même des autres asymétries dans les relations sociales, des autres dominations, de toutes les dominations et en particulier de celles qui découlent de la racialisation des un(e)s ou des autres.

 

Le texte d’appel à la réunion de ce week-end proclame que notre « camp   » est celui de «

l’indignation, des résistances, des aspirations à prendre son destin en main [de la] démocratie active ». Pour devenir majoritaire nous devons donc développer une conception de la démocratie réellement inclusive.

 

Le front politico-social, de même que la force politique dont nous avons besoin, doivent être adaptés aux nouvelles formes des rapports de classe genrés et racisés.

 

Cordialement,

 

Didier Epsztajn

(animateur du Blog Entre les Lignes entre les mots), didier.epsztajn@laposte.net

Patrick Silberstein

(éditeur aux éditions Syllepse), bilbo1985@orange.fr

 

14 février 2012

Tag(s) : #Débats

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