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Quand on interpelle notre députée sur le budget militaire en adressant la lettre initiée par le Mouvement de la Paix, on reçoit une lettre type que nous publions ci-dessous. Sans surprise, elle rappelle notamment que la "dissuasion nucléaire doit être maintenue", que la France doir prendre toute sa place en tant que "deuxième puissance maritime mondiale" à l'ONU. Curieusement, il n'est pas fait référence à l'OTAN, dans laquelle la France a réintégré le commandemant, on y parle pas non plus des actions en Afrique et ailleurs, etc.

Bref, le changement n'engage que ceux qui y ont cru et en l'occurrence sur le sujet, il n'y a pas eu de promesses.  

Plus que jamais, les Alternatifs continueront de demander l'arrêt du nucléaire militaire et civil et une réduction conséquente du budget de la défense.

 

"Dans un courriel du 23 octobre 2012, vous m’avez interpellé sur le budget du ministère de la défense. Je vous en remercie. Je sais combien le Mouvement pour la paix est attaché aux questions de désarmement, de résolution des conflits et de promotion de la paix. Nous le sommes également.

Les missions et le format opérationnel de nos armées font aujourd’hui l’objet d’un travail prospectif – le Livre blanc - mené par le diplomate Jean-Marie Guéhenno, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix. Aujourd’hui, comme vous le notez, le budget de la défense représente environ 2% du PIB, soit légèrement plus que la moyenne européenne.

Deuxième puissance maritime mondiale, la France dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Elle participe régulièrement à des opérations multilatérales sous l’égide de l’ONU et soutient vigoureusement le traité de régulation du commerce des armes, dont les négociations n’ont pu aboutir en juillet dernier. Elle a également été le premier membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU à ratifier la Convention sur l’Interdiction des armes chimiques et cherche constamment à lutter contre leur prolifération.

Le budget tel que présenté aujourd’hui correspond donc au strict nécessaire eu égards aux missions que nous confions à nos armées. En effet, depuis la chute du mur de Berlin, le format de nos armées a été particulièrement réduit. L’armée de l’air ne met plus en œuvre que moins de 300 avions de combat. La marine nationale ne déploie plus qu’un porte-avions et la flotte a été limitée. L’armée de terre a vu nombre de ses régiments dissous, suscitant souvent des mécontentements dans les territoires. Au-delà, le ministère de la défense est celui qui a le plus subi de réductions d’effectifs, tant en raison de la professionnalisation des armées que par souci de rationalisation et d’économies budgétaires.

Notre engagement en faveur de la paix ne peut cependant se suffire à lui-même pour faire face à un contexte mondial instable, qui voit émerger de nouvelles menaces sans que les anciennes aient véritablement disparu. Des  régimes autoritaires aux velléités belliqueuses aux groupes terroristes déstabilisant des Etats tout entiers, en passant par les attaques visant les systèmes d’information et de communication vitaux : les dangers qui pèsent sur notre sécurité nationale ne manquent pas. Par ailleurs, des crises sévissent toujours, dans plusieurs points du monde où des forces d’interpositions peuvent être indispensables pour protéger les populations civiles et  retourner à la paix. La France et ses forces armées doivent être prêtes à y parer en permanence.

C’est la raison pour laquelle la dissuasion nucléaire, dont fait partie le programme M51, doit être maintenue, comme s’y est engagé le président de la République. Elle reste en effet la garantie ultime de la sécurité et de l'indépendance de la France vis-à-vis de toute agression extérieure.

C’est également la raison pour laquelle il faut maintenir le niveau opérationnel de nos forces, alors que de nombreuses zones de crise se trouvent à moins de six heures de vol du territoire métropolitain. Parallèlement, la France doit continuer à œuvrer au désarmement multilatéral. Le président de la République, en réaffirmant le maintien de la dissuasion nucléaire, s’est aussi engagé à ce que notre pays « prenne sa part » en la matière. Notre défense est, comme son nom l’indique, le pilier de notre sécurité nationale et de sa sauvegarde. Elle est avant tout un outil pour la paix.

Enfin, le maintien du budget de la défense n’a pas remis en cause nos priorités : la justice et la sécurité, la jeunesse ou l’emploi. Ces domaines ont fait l’objet d’efforts budgétaires conséquents. Mais nous ne souhaitons pas opposer ces secteurs essentiels à celui de la défense, dont les missions demeurent indispensables.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Alexandra Daigneau pour Sabine Buis"

 

Lettre du Mouvement de la Paix

"Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Vous êtes appelés à voter le projet de loi de finance 2013, qui prévoit un budget de la Défense de 39 430 000 000 € pensions comprises ; soit près de 2% du PIB, un taux encore supérieur à la moyenne Européenne de 1,6%. Les états dont le budget de la défense est supérieur à cette moyenne creusent leur dette, à l'image de la Grèce dont le budget est sanctuarisé malgré ses difficultés. Ce choix budgétaire, morbide pour une économie moderne dans un monde globalisé, doit-il demeurer celui de la France ?

- D'après un sondage de l'IFOP datant d'avril 2012 : 73% de nos concitoyens sont favorables à la réduction des dépenses militaires et 81% réclament l'élimination contrôlée des armes atomiques.
- Comment justifier, dans le contexte actuel, que ce budget continue de s'inscrire dans les engagements de la onzième loi de programmation militaire. Ainsi, en engageant 185.9 Md€ d'euros pour les années 2009-2014 -dont 101.9 Md€ consacrés aux équipements- ces prévisions de dépenses militaires alourdissent encore la dette publique. En 2013, la priorité en faveur des équipements est maintenue, 16 Md€ soit 51%, hors pensions.
- De plus, ce budget ne comprend pas la totalité des opérations extérieures qui ont, encore une fois, largement dépassé les prévisions en 2012 et qui sont désormais financées en grande partie par la solidarité nationale.
- Alors que 146 pays travaillent à un processus d'élimination de l'arme nucléaire au travers d'une nouvelle convention, que signifie de consacrer 21% des crédits d'équipement à la menace atomique, contrevenant ainsi aux engagements du TNP ?
- Il est inacceptable que la diminution du budget de la défense ne se manifeste que par la suppression de 7234 emplois issue de la fermeture d'hôpitaux militaires, qui aura des conséquences dramatiques dans l'accès aux soins de santé. Dépenser plus pour les armes et moins pour les besoins vitaux des femmes et des hommes n'apporte ni la paix, ni la sécurité.

Mesdames et Messieurs les parlementaires, nous vous demandons de ne pas voter en l'état le projet de budget de la Défense 2013. A l'heure où le gouvernement mobilise 20 Md€ pour tenir ses engagements budgétaires et où d'autres efforts sont envisagés, 8 Md€ sont disponibles en coupant de moitié le budget de modernisation des équipements, notamment le programme M51. La solution politique à la crise est l'investissement dans les besoins sociaux (en particulier la transition écologique, l'école, la santé, la jeunesse, la retraite...), ainsi que le développement de l'action publique au service de la cohésion sociale et de la promotion du 'Programme d'action pour une culture de la Paix et de la non-violence' défini par l'UNESCO et adopté par l'ONU.

Je vous prie d’agréer l’expression de mes salutations distinguées".

Cette lettre est initiée par le Mouvement de la Paix (cf www.mvtpaix.org)

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