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2Contribution des Alternatifs pour les Etats généraux du service public des 29 et 30 janvier 2011 à Orly

 

De la guerre d’usure à la guerre de mouvement.

La bataille menée par les forces du capital contre les services publics n’est pas nouvelle : opposer l’"équité" à l’égalité et à la solidarité, combiner privatisations et marchandisation globales avec une once de capitalisme compassionnel en faveur des plus pauvres, asphyxier les servies publics en comprimant les budgets et en supprimant des emplois, puis tirer argument de la dégradation du service rendu pour dégrader encore plus, et amplifier le processus de privatisation.


Avec la pression exercée par la finance sur les Etats, pression consécutive à leur endettement pour sauver le système bancaire, s’ouvre ce que les institutions financières et les ultra-libéraux caractérisent comme une "fenêtre d’opportunité", un moment historique qui peut permettre d’imposer politiquement aux peuples des mesures radicalement antisociales. Les services publics, le système de protection sociale sont clairement menacés par cette offensive.

 

Les services publics sont incompatibles avec le projet des libéraux.

L’offensive au niveau mondial (Accord Général sur le Commerce et les Services), les directives européennes, les politiques de démantèlement menées en France vont dans le même sens. Tout doit être mis en concurrence, tout doit rapporter. Tous les aspects de la vie doivent être marchandisés. La prochaine offensive s’annonce autour de la dépendance et du 5eme risque.

 

Pourquoi nous défendons les services publics.

Les Alternatifs ne défendent pas les services publics par nostalgie d’un "âge d’or". Nous les défendons parce que, même dégradés, ils restent un outil d’action publique réduisant les inégalités et limitant la dislocation de la société. Ils restent souvent un dernier rempart face à la précarisation, à la misère et aux discriminations dans les quartiers populaires, à la paupérisation de zones rurales.
Les servcices publics sont une propriété publique, le patrimoine des classes populaires. Nous luttons pour qu’ils ne soient pas bradés au secteur marchand et pour qu’ils bénéficient des moyens permettant l’exercice de leurs missions dans des conditions permettant à toutes et tous d’y accéder.

 

Pour défendre les services publics nous devons les reconquérir.

La présence au sein des instances de direction, au côté de représentantEs des salariéEs, des usagerEs et d’éluEs locaux est indispensable, pour agir, dans la transparence, dans le sens de l’utilité sociale et écologique.
Les Alternatifs jugent possible la diversification des formes d’appropriation collective. Ils sont favorables à la nationalisation des services en réseau (énergie, transports ferroviaires) et socialisation du secteur bancaire, sous contrôle populaire et citoyen.
Par ailleurs, des services collectifs publics peuvent être mis en place par des collectivités locales ou des initiatives populaires (crèches, maisons des associations, maisons des chômeurs, centres sociaux, centres de soins…)

 

Des collectifs pour défendre et développer les services publics !

La mobilisation pour les services publics a besoin d’un large front politico-social. Le mouvement contre la privatisation de la Poste, même si il n’a pu s’inscrire à une large échelle dans la durée, en a été un prémisse. Cette mobilisation durable est vitale dans les quartiers populaires et le secteurs ruraux sacrifiés à la logique capitaliste. Chaque lutte contre la liquidation d’un service à la population, chaque collectif unitaire, s’inscrit dans un mouvement global en construction.

 

Les dégâts des privatisations sont connus.

Sous le discours de la compétitivité, de la libre concurrence, la hausse constante des tarifs , les inégalités entre territoires, la gestion aléatoire des risques…
Mais la lutte nécessaire contre les privatisations passe aussi passe aussi par la mise à plat des contradictions : partisans de la sortie du nucléaire et d’un nouveau modèle énergétique, les Alternatifs s’opposent aux nucléocrates privés…et publics.
Les Alternatifs se positionnent pour une gestion publique locale sous forme de régies publiques ou de Sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, biomasse, etc.) et des déchets.

 

La pression de la technocratie d’Etat et de modes de gestion inspirés de ceux du privé dégrade les services publics.

Elle facilite les processus de privatisation en divisant les personnels, en contribuant à la dégradation du service rendu. La réponse alternative c’est l’intervention des salariéEs et usagerEs, c’est la définition démocratique d’objectifs d’utilité sociale et écologique.

 

Une nouvelle vision des services publics.

La centralisation nécessaire pour donner cohérence au réseau des services publics ne doit pas corseter, mais apporter des lignes directrices. Des adaptations aux réalités sociales et territoriales sont nécessaires. L’égalité est compatible avec l’affectation de moyens spécifiques au bénéfice des secteurs ou usagers les plus fragilisés, à contre-courant des logiques d’exclusion et de paupérisation qui disloquent la société.
Cette démarche, battue en brèche par la Droite dans le secteur éducatif, vaut dans d’autres domaines.

L’extension du champ des services publics permettra de privilégier les solidarités et l’utilité sociale et écologique, plutôt que le chacun pour soi et l’aliénation consumériste.
Cette extension est notamment urgente pour faire reculer la privatisation de l’eau et pour combattre l’explosion du marché "libre et non faussé" du logement. La création de coopératives de logements doit être encouragée.
Les Alternatifs se prononcent pour la reconquête et la gestion foncière des terres arables afin de favoriser l’agriculture paysanne et biologique et favoriser les circuits courts.

La reconquête de la maîtrise publique de l’eau et de l’assainissement passe notamment par la mise en place de régies municipales ou de bassins. Dans certains cas, des initiatives collectives, non-marchandes, peuvent être soutenues par contractualisation avec des collectivités territoriales (écoles associatives en langues des régions, dans la perspective d’une prise en charge progressive par l’Ecole Publique, crèches parentales, centres de soins autogérés).
Des secteurs de l’économie sociale et solidaire peuvent également être soutenus, dans le respect d’un cahier des charges garantissant leur utilité sociale et écologique.

 

L’appropriation sociale, publique, nécessite une dynamique de propositions et de mobilisation.

La reconquête, l’élargissement des services publics, prendront des formes diverses, dont les fils conducteurs seront l’utilité sociale et écologique, l’intervention populaire et citoyenne.
La mobilisation nécessite un front poliitco-social très large. Syndicats, associations, collectifs unitaires, mouvements politiques : tous ensemble pour les solidarités sociales et territoriales.

 

Des Etats Généraux des Services Publics auront lieu les 29 et 30 janvier 2011 (Mairie d’Orly, Val-de-Marne) à l’initiative d’un très large collectif unitaire. Les Alternatifs en sont partie prenante.

 

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Tag(s) : #Services publics

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