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Pour la deuxième fois cette semaine, le collectif de soutien à Notre dame des Landes a déployé ses banderoles sur le rond point de Ponson Moulon à Aubenas.

De Notre Dame des Landes à l'Ardèche, les grands projets inutiles sont partout. La résistance aussi.

 

Le collectif de soutien à Notre Dame des Landes a répondu à l'appel lancé lundi 15 avril depuis la Zad (Zone à défendre) en occupant pendant deux heures le Rond Point de Ponson Moulon, bien connu des Albenassien-nes pour son étrange structure métallique rouillée. Ils étaient une trentaine venus exprimer leur colère face aux violences policières dont ont une fois de plus été victimes une vingtaine de personnes lors d'échauffourées intervenus lundi.

Les lycéens et lycéennes du Lycée agricole, très représenté-e-s, ainsi que des membres du collectif, constitué en novembre dernier à la suite de la première vague d'expulsion sur le site du projet d'aéroport, mais aussi des sympathisant-e-s de tout bord venu-e-s exprimer leur soutien ont déployé des banderoles et distribué des tracts aux automobilistes, dont les réactions oscillaient entre surprise, indifférence, parfois méconnaissance totale du dossier mais souvent aussi intérêt et sympathie, certain-e-s allant même jusqu'à garer leur véhicule et rejoindre les militant-e-s en signe de soutien.

 

Dans une ambiance détendue et conviviale, sous le soleil, trois des membres du collectif ont lu un appel à la résistance, lançant un message de solidarité à tout ceux et celles qui « ici ou ailleurs, occupent des terres menacées de bétonnage, des lieux de vie inoccupés, des ateliers ou usines dirigés par des patrons voyous. » Ils et elles ont affirmé leur volonté d'inviter tout un chacun et chacune à « reprendre possession du débat public et défendre l'intérêt public face aux intérêts privés ».

 

Ils et elles ont aussi rappelé les actions déjà menées par leur collectif : plusieurs manifestations organisées cet hiver devant la préfecture de Privas, la participation à la manifestation de réoccupation du 17 novembre à Notre Dame des Landes, une action péage gratuit menée en collaboration avec d'autres collectifs dans le but de nuire à Vinci, opérateur des travaux et concessionnaire du futur aéroport, l'interpellation du Parti socialiste, à plusieurs occasions, notamment lors du forum de la transition énergétique le week-end dernier à Villeneuve de Berg.

 

Le projet de construire un nouvel aéroport en périphérie de Nantes est un vieux serpent de mer. Dans les années 1960, la première mouture du projet mégalo voulait accueillir le Concorde. Dans les années 1970, on rêvait d'une plate-forme aérienne façon Rotterdam. Les paysan-ne-s menacées d'expropriation commencent déjà à se mobiliser. Crise pétrolière oblige, le projet reste un temps dans les cartons. A partir des années 2000, le projet devient le bébé du Parti socialiste, sous l'impulsion de Lionel Jospin, alors Premier ministre et de Jean-Marc Ayraut, en ce temps-là maire de Nantes. L'opposition au projet, gagne tout-e-s les habitant-e-s de la zone et s'étend peu à peu. En 2008, à la suite d'un Camp Climat organisé sur place, des fermes déjà expropriées et abandonnées sont réoccupées. Les militant-e-s de l'ACIPA, (l'Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le Projet d'Aéroport à Notre Dame des Landes) unissent leurs forces à ceux et celles qu'on appelle désormais les « zadistes ». La lutte institutionnelle est menée de front avec l'occupation du terrain pour sauver le bocage.

 

Trois commissions de médiation interministérielles ont rendu mardi dernier un rapport qui ne remettait certes pas en cause la construction d'un futur aéroport mais pointait un certain nombre d'aberrations et repousse encore le début des travaux de plusieurs mois. Pour le collectif ardéchois, il ne fait pas de doute que « la lutte contre l'aéroport et son monde doit continuer ».

 

Il rappelle que l'Ardèche a aussi son lot de grands projets inutiles et délirants, énumérant , entre autres le projet de construire sur une cinquantaine d'hectares un « Centre européen de nouvelles techonologies à Saint-Julien en Saint Alban » , un golf à Saint-Didier sous Aubenas, sur huit hectares de terres agricoles ou encore le projet de parc aquatique résidentiel porté par le camping les Pommiers à Villeneuve de Berg. Sans oublier bien sûr l'exploitation du gaz de schiste.

 

En Ardèche, l'artificialisation des terres est un souci majeur et l'eau, denrée rare et précieuse ne coule pas à flot. Tous les sept ans, rappelle un des panneaux des manifestant-e-s du Rond Point de Ponson Moulon, l'équivalent d'un département de terres agricoles disparaît sous le béton. Le collectif de soutien sud ardéchois à Notre Dame a encore du pain sur la planche...

 

Agenda

Jeudi 18 avril : projection du film « Opération Astérix » au cinéma le Navire

 

Samedi 20 avril : festizad à Aurel dans la Drôme

 

http://festizaddromeardeche.wordpress.com/  

 

Samedi 27- Mercredi 1er mai : manifestation et occupation de terres à Avignon, contre la LEO, liaison autoroutière Est-Ouest

https://leopart.noblogs.org/

 

 

samedi 11 mai : chaîne humaine à Notre Dame des Landes, un bus partira d'Aubenas le vendredi soir.

 

http://www.chaine-humaine-stop-aeroport.org/fr/

Tag(s) : #Ecologie

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