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Communiqué de presse

Paris, 21 décembre 2012

Contrairement à leurs vibrantes prises de position sur ce dossier avant les dernières élections présidentielles, une fois au pouvoir, les socialistes et leurs alliés montrent leur vrai visage. Alors que François Hollande s'est publiquement engagé en septembre dernier à ne pas permettre l’exploitation des gaz et pétrole de schiste au nom de la défense de l'environnement, son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, cité par le Point[1], déclarait hier qu’un accord était en cours de signature avec l’Algérie. Ce dernier ferait de l’Algérie un laboratoire que la mobilisation citoyenne sans précédent a rendu plus difficile à mettre en place en France : celui des expérimentations d'alternatives à la fracturation hydraulique. Seule technologie actuellement rentable pour exploiter les hydrocarbures de schiste, la fracturation hydraulique est interdite sur le territoire français depuis le 13 juillet 2011.

Au moment où commence le débat sur la transition énergétique convoqué par François Hollande, l’annonce de Laurent Fabius révèle le cynisme de ce pouvoir qui n’a aucun scrupule à contredire par les actes ses discours plaidant en faveur des énergies renouvelables et de la préservation de l’environnement. En effet, quelle que soit la technique utilisée pour libérer les minuscules concentrations de gaz ou de pétrole, la roche-mère doit être fracturée et les fissures gardées ouvertes, à l’aide de particules injectées par un liquide porteur. Les risques de remontée à la surface des contaminants naturellement présents dans la roche (métaux lourds, arsenic, éléments radioactifs, etc.) restent donc inchangés. De même, ni la fracturation au méthane, ni la fracturation pneumatique, ni la facturation par arc électrique, ni la fracturation au CO2, techniques extrêmement complexes en soi, ne permettront d’éviter les fuites de méthane et n’inverseront la tendance à l’aggravation de l’effet de serre. Loin de renoncer à la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, le gouvernement persiste dans le modèle productiviste et extractiviste, obsolète et mortifère pour la planète.

 Enfin, la déclaration de Laurent Fabius est aussi un signal clair quant à la vraie nature de la politique étrangère de l’Etat socialiste. Ainsi, pendant que, devant les projecteurs, le Président avoue la responsabilité de l’ancienne métropole d’avoir instauré en Algérie un système colonial «profondément injuste et brutal»[2], dans la réalité, la France considère toujours ses ex-colonies comme des laboratoires pour les sales besognes impossibles à mener sur le territoire national[3].

Les Algériens peuvent remercier les dirigeants français et algériens qui s’entendent sans vergogne pour envisager ces projets au mépris de leur avenir. Mais nous considérons que leur avenir est aussi le nôtre. Les collectifs citoyens français en lutte contre l’exploitation et l’exploration des gaz et pétrole de schiste se joignent aux Algériens et à tous les Maghrébins pour dénoncer haut et fort cet accord et se déclarer solidaires avec la déclaration d’Oujda[4].

Ni ici, ni ailleurs - ni chez vous ni chez nous !

Ni aujourd’hui, ni demain !

NON, c’est NON, quelle que soit la technique !


Premiers signataires: Collectif citoyen Ile-de-France « Non au gaz et pétrole de schiste », Collectif Carmen (02), Collectif ALDEAH, Collectif Briard (77), Collectif Non au pétrole de schiste Bocage gâtinais (77), Collectif pays fertois (77), Collectif 92, Quartiers en transition, Collectif Rochecolombe contre le gaz de schiste (07), Collectif Causse Méjean « Gaz de Schiste NON ! » (48), Les Collectifs Isérois (38), Collectif Citoyen du Narbonnais (11), Collectif Stop au Gaz de schiste 69, Collectif Roynac (26), Collectif Barjac (30), Collectif Auzonnet, Cèze et Ganière (30), Collectif viganais contre le gaz de schiste (30), Collectif Bastagaz Alès (30), Collectif Gardonnenque (30), Collectif Hautes-Cévennes du Gard (30), Collectif Stop gaz de schiste Anduze (30), Collectif Cigalois (saint-Hippolyte-du-Fort Gard, 30), Collectif Vigilance Hautes Cévennes (30), Collectif Orb-Jaur (34), Collectif Sète (34), Inter-collectif 22 septembre sud. Toutes les signatures sur www.aldeah.org 

 

[1] Le Point. http://www.lepoint.fr/confidentiels/exclusif-gaz-de-schiste-la-france-va-explorer-en-algerie-20-12-2012-1604170_785.php

[3] Entre 1960 et 1966, l’Algérie est le terrain d’essais nucléaires français

[4] http://www.massolia.com/rencontre/declaration-de-la-conference-internationale-doujda-pour-lutter-contre-la-fracturation-hydraulique-pour-lexploration-et-lexploitation-des-gaz-de-schistes/

 


FRANCE ALGERIE : Après les essais nucléaires dans le Sahara, des essais français pour la production de gaz de schiste !

Selon l’hebdomadaire le Point (1), « un accord permettant d'expérimenter une alternative à la fracturation hydraulique sur le territoire algérien sera signé » entre la France et l’Algérie. François Hollande

Une expérimentation sans valeur

Les Collectifs opposés aux explorations et exploitations des gaz de schiste dénoncent depuis plus de deux ans la faiblesse des filières de contrôle des installations qui existent en France. En souhaitant mener ces expérimentations en Algérie où la légalisation environnementale est nettement moins contraignante, le gouvernement reconnaît implicitement le peu d’importance qu’il donne à ces contrôles. Le seul objectif de ce gouvernement est bien d’exploiter les gaz de schiste ailleurs, puis en France.
Nous pouvons aussi légitimement nous poser la question de la valeur de ces expérimentations au regard des milieux géologiques, naturels et socio-économiques profondément différent de la réalité française.
Ces expérimentations n’aurait comme seul objectif que de présenter une évolution de la fracturation hydraulique comme propre afin d’obtenir l’agrément des citoyens français.

Des airs de déjà vu…

Dans la droite ligne de l’héritage colonial, 55 ans après avoir effectué les premiers essais nucléaires dans le Sahara algérien, la France s’apprête à nouveau à tester ses technologies controversées en territoire nord africain. Cet accord avec l’Etat Algérien est en totale contradiction avec le discours de François Hollande pour un « partenariat d’égal à égal », jeudi 20 décembre 2012.

Les Collectifs ne peuvent que renouveler leurs opposition ferme à l’exploration et à l’exploitation des gaz et huiles de schiste. Ni ici, ni ailleurs.

(1) http://www.lepoint.fr/confidentiels/exclusif-gaz-de-schiste-la-france-va-explorer-en-algerie-20-12-2012-1604170_785.php

RESEAU RHONALPIN DES COLLECTIFS OPPOSES À L’EXPLOITATION DES GAZ ET HUILES DE SCHISTE

Tag(s) : #Energie - Climat

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