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logo-copie-1Communiqué d'ATTAC

Sous couvert de lutter contre la volatilité des prix, toutes les préconisations vont renforcer l'insécurité alimentaire. La recommandation la plus forte est de conclure au plus vite le cycle actuel de négociations à l'Organisation mondiale du commerce, avec la poursuite de la libéralisation des échanges agricoles et le refus pour les Pays en voie de développement (PED) de renforcer leur protection. La déclaration finale du G20 agricole colle d'ailleurs étroitement au rapport remis à Nicolas Sarkozy le 11 juin par les 10 institutions internationales qui régentent ce désordre alimentaire mondial.

 

Il s'agit de promouvoir "un marché agricole plus ouvert qui améliore la transmission des signaux du marché", "d'améliorer la coordination internationale des politiques agricoles afin de renforcer la confiance dans les marchés internationaux", de "faciliter les flux internationaux de produits agricoles pour renforcer la sécurité alimentaire mondiale », et pour cela :

  • d'"améliorer et mettre en œuvre les instruments de gestion des risques", avec des préconisations totalement irréalistes de favoriser les marchés à terme agricoles dans les PED alors que les expériences très limitées de la Banque Mondiale en Afrique subsaharienne depuis les années 90 ont été un échec total. Il en irait de même pour les systèmes d'assurances agricoles qui leur sont d'autant moins accessibles qu'ils nécessitent des subventions massives, comme c'est le cas dans les pays riches ;

  • d'"améliorer le fonctionnement des marchés dérivés agricoles", sans plus de précision, la balle étant renvoyée au G-20 des Ministres des finances. La spéculation sur les marchés agricoles, qui contribue fortement à la volatilité des prix alimentaires, ne pourra que continuer à se développer.

    Faute de consensus, le G-20 se limite à préconiser la mise en place de stocks de sécurité régionaux dans les seuls PED sujets aux crises alimentaires. Ces stocks régionaux seront impuissants à lutter contre la flambée des prix tant que les Etats-Unis – qui sont "faiseurs des prix mondiaux" des grains – et l'Union européenne continueront à déréguler leurs marchés et à réduire leurs stocks céréaliers.

Aucun consensus n'a été trouvé pour souligner le rôle déterminant de la production d'agrocarburants dans la flambée des prix agricoles, et le rapport demande seulement d'approfondir les analyses sur ce sujet.

La solution avancée par le G20 agricole repose sur l' « augmentation significative de la production et de la productivité agricoles », avec notamment la concentration des efforts sur la recherche sur le génome du blé : il s'agit ainsi de favoriser les intérêts de l'agro-industrie et des multinationales d'OGM au détriment de l'autonomie des paysans. Ceci alors même que les problèmes reposent avant tout sur des inégalités très fortes d'accès à l'alimentation et de développement agricole, pour lequel les OGM sont tout sauf une solution.

On ne pouvait pas s'attendre à d'autres résultats de ce G-20 agricole puisque, sous couvert de lutter contre la "volatilité" des prix, les grands exportateurs mondiaux de céréales et oléagineux – Etats-Unis, Canada, Australie, UE, Argentine, Brésil, plus Indonésie et Malaisie pour les oléagineux – ont intérêt à la poursuite de la flambée des prix qui a fortement augmenté les revenus tout au long de ces filières, même si cela continuera à faire souffrir les importateurs nets du Sud et les éleveurs du monde entier.

Pourtant la reconstruction des politiques agricoles sur la souveraineté alimentaire, basée sur une protection efficace à l'importation et des prix rémunérateurs aux agriculteurs, serait demain, comme hier dans les pays du Nord, le seul moyen de mettre un terme à la faim dans le monde et de promouvoir un développement durable. ATTAC continuera son combat en ce sens, avec tous les mouvements sociaux du Nord et du Sud.

 

Attac France, le 23 juin 2011
 

 

Tag(s) : #Agriculture

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