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Amis de la Terre : 12 questions pour 2012

Les réponses d'A gauche toute !

La baisse de la consommation d’énergie est l’urgence écologique mais aussi sociale numéro 1. Elle nécessite :

  • Une politique de la construction  et de l’amélioration des constructions antérieures complètement novatrice. Isolation des bâtiments, utilisation des ressources naturelles (vent solaire, bois, sol…) et des déchets de manière à rendre autonome énergiquement la majorité des bâtiments industriels et de location. Ce vastes chantiers bénéficiera des investissements nécessaires pris en partie sur les investissements prévus pour le nucléaire civil et militaire et sur les bénéfices des entreprises. Une part du financement du logement social pourra également être mobilisée.
  • Une politique de réduction des transports consommateurs d’énergies fossiles par le développement de transports en commun gratuits, en nombre suffisant et en site fermé dans les grandes agglomérations. Chaque village, chaque ville devra pouvoir bénéficier de moyens de transports collectif reliant les différents pôles de vie.
  • Le retour des services publics au plus près de citoyens devrait réduire les déplacements aujourd’hui essentiellement individuels (Dispensaires, écoles, poste et autres services public dans toutes les agglomérations…..).
  • Une contrainte sur les entreprises grosses consommatrices d’énergie fossile pour que dans un délai de 5 ans elles aient modifié leurs sources d’énergie en utilisant les énergies renouvelables et réduit leur consommation.
  • Une collaboration de l’état et collectivités aux expériences locales voire individuelles favorisant les économies d’énergie et la réduction de la précarité énergétique.
  • La gratuité pour une consommation d’énergie de base pour chaque foyer.

2- Comment privilégierez-vous des transports économes et respectueux de l’environnement alors que le prix des carburants ne cesse d’augmenter et que la lutte contre l’effet de serre devient une priorité?

Le 20ème siècle a été celui du développement des moyens de transports individuels. Le 21ème ne pourra plus assurer ce fonctionnement énergivore.

  • Comme à la fin du 19eme siècle le rail devra reprendre une place prépondérante pour les grands déplacements. (Trains,  Tramway, métros, feront l’objet de recherches et de développements pour les rendre plus légers, plus souples moins énergivores et agréables). Organisés en service public ils assureront leurs missions dans des plages de temps couvrant au moins 20h sur 24 et seront gratuit pour l’ensemble de la population au même titre que tous les autres services publics.
  • La relocalisation des commerces et des services publics (hôpitaux, médecins, écoles, etc… limiteront les déplacements quotidiens et d’usages.
  • La construction de véhicules individuels sera réservée à des véhicules de courte distance (vélos et autres moyens de transports non polluant seront privilégiés dans les villes au moins autant que le sont les voitures aujourd’hui.
  • La réduction des transports de fret se fera par la relocalisation des industries. Ce redéploiement sera favorisé par une augmentation importante des taxes sur les produits et les industries dont la production est délocalisée. Le rail sera fortement développé en utilisant y compris certaines autoroutes existantes devenue inutile à la route.

3- La catastrophe nucléaire de Fukushima a rappelé à tous et toutes les dangers intrinsèques du nucléaire. Outre la sécurité, de nombreuses questions restent en suspens : approvisionnement en uranium, augmentation des coûts, démantèlement, gestion du combustible nucléaire et des déchets, prolongation de la vie des centrales, sous-traitance… Comment comptez-vous réorienter la politique nucléaire de la France ? Par ailleurs, quelle est votre position sur les fermetures des centrales du Tricastin et de Cruas au cours de la prochaine mandature, qui ont ou auront atteint leur durée de vie initialement prévue de 30 ans ?

Nous nous déclarons favorable à une décision immédiate de sortie du nucléaire et cela dans les délais les plus courts possible. Etant entendu que dans un pays ou plus de 70% de l’électricité est d’origine nucléaire et ou le chauffage électrique a été favorisé durant plusieurs décennies, cette sortie ne pourra se faire qu’au fur et à mesure du développement des énergies renouvelables de remplacement et de la mise en place d’une politique de réduction de la consommation d’électricité. Un délai ne dépassant pas une dizaine d’années nous semble réaliste

Dans l’immédiat nous fermerons les 21 réacteurs âgés de plus de trente ans (dont le Tricastin et Bugey dans notre région), stopperons les projets EPR et Iter et mettrons fin au retraitement des combustibles usés à la Hague. Nous mettrons fin aux transports de ces combustibles usés, privilégiant ainsi la conservation dans les centrales productrices de ces déchets hautement radioactif. Dans les cinq années à venir les 21 autres réacteurs qui atteindront cette limite d’âge seront également stoppés (dont Cruas).

EDF sera renationalisé et les personnels des centrale redeviendront des agents du service public. Progressivement leur charge de travail sera orientée vers l’entretien des réacteurs arrêtés et vers le démontage des installations.

 

4- Plusieurs compagnies lorgnent sur d’éventuels gisements en hydrocarbures non conventionnels (gaz et huile de schiste) sur le territoire départemental et national. Quels engagements clairs prendrez-vous afin de lutter contre ces projets nuisibles pour l’environnement et favoriser la transition énergétique, et ainsi le développement des énergies renouvelables ?

 

Notre décision sera de limiter rapidement les sources d’énergies fossiles et en premier lieu de ne pas en créer de nouvelles. La France n’exploitera donc pas les hydrocarbures non conventionnels (gaz et huile de schiste).

Pour le  développement des énergies renouvelables, nous avons toute une palette à notre disposition : grand éolien, éolien off-shore, micro-éolien, micro-hydraulique ( petites installations), solaire, énergie de la mer, biomasse ( filière bois), géothermie…

Toute cette réorganisation du secteur énergétique implique :

  • la création d’un service public de l’énergie avec des choix faisant l’objet d’une concertation et de prise de décisions avec les usagers. Le monopole public énergétique que nous remettrons en place dans le cadre d’un service public sera fortement décentralisé et laissera toute sa place aux expériences locales ou régionales de développement d’énergies renouvelables. Les entreprises privées du secteur de l’énergie seront donc nationalisées et intégrées au service public. Nous sommes favorables à une participation des associations aux décisions du service public et à un droit de véto des élus et associations représentatives.

Cela impliquera de prendre en compte la reconversion des métiers existant :

  • zéro licenciement  au moment des fermetures des centrales, un programme de formation pour intégrer les salariés soit dans la production d’énergies renouvelables soit dans le démantèlement des centrales
  • des embauches massives dans les énergies renouvelables

 

5- Selon les recommandations du GIEC, les mesures prises durant la prochaine décennie seront déterminantes pour l’avenir de l’humanité. Comment assurerez-vous une baisse significative des émissions de gaz à effet de serre ?

  • par une politique massive de construction et de rénovation de logements et de bâtiments autonomes et économes en énergie,
  • Par une limitation des véhicules à essences et gas-oil dans les villes et pour les grands trajets,
  • Par un retour du fret sur le rail et les canaux. Les camions n’étant utilisés que pour les fins de parcours,
  • Par une politique d’aide aux entreprises qui limitent leur dégagement de CO2 et une forte taxation de celles qui ne feraient aucun effort
  • Par une sensibilisation de la population : sensibilisation dans les écoles, conférences…

6- Il existe une conjonction entre crise écologique et crise économique. Face à ce double défi, il est souvent possible d’apporter des réponses bénéfiques dans les deux domaines. Que comptez-vous faire afin de développer une économie et des emplois locaux et durables ?

D’abord en nous appuyant sur le dynamisme, les propositions et l’action des acteurs et actrices sociaux sans avoir réponse à tout dès le départ.

Par une politique de grands travaux visant à moderniser notre pays en termes de logements et de transports. En favorisant une politique de services publics de proximité qui permettent de fixer les entreprises. En développant la formation des jeunes générations à des métiers et des recherches favorisant une économie locale et durable.

 

7- Le poids de nos déchets est toujours très important et les coûts de retraitement élevés. Comment ferez-vous baisser significativement les volumes et donc la charge financière de nos déchets ?

La limitation des déchets devra se faire à la source en limitant l’énorme part des déchets actuels issus des emballages. Le retraitement des déchets appartiendra au service public. L’école et la formation des jeunes générations seront fortement encouragées dans le sens d’un respect de la terre et des êtres vivants.

La grande distribution, en partie responsable, du conditionnement des produits devra s’engager à limiter les emballages. Une taxe sur les emballages pourrait permettre de les limiter.

Mais c’est également le citoyen, devenu un consommateur, qu’il faut sensibiliser. Il est possible de réduire ses déchets de moitié en consommant autrement.

Le coût financier de ces déchets est énorme et source de pollution. La multiplication de points de vente de proximité avec des produits locaux est un moyen de réduire les déchets.

 

8- Pollution chimique, OGM, hausse des prix de l’alimentation, réforme de la PAC. Comment encouragerez-vous une agriculture dynamique et respectueuse de l’environnement ? Comment favoriserez-vous le développement des circuits courts ?

Pas de solutions miracle mais nous appuyer sur les acteurs sociaux (syndicats, luttes sociales, mouvements associatifs et de défense de la nature, élus locaux.

L’agriculture biologique, la réduction de l’agriculture intensive, la modification des habitudes alimentaires forgées ces 50 dernières années par la publicité seront privilégiées en fonction des interventions et propositions des associations syndicats et élus.

Le recours aux OGM doit être proscrit et l’usage semences paysannes défendu.

Il est indispensable d’engager une transition vers une agriculture paysanne qui réduit progressivement l’utilisation des intrants chimiques. La PAC doit être réformée et la souveraineté alimentaire doit devenir un principe. Il faut cesser de subventionner les exportations et diversifier les productions alimentaires.

La France a besoin de paysans, il est donc indispensable de soutenir l’installation des jeunes agriculteurs en grand nombre et répartis sur l’ensemble du territoire. Seule une politique volontariste le permettra, cela pose la question de l’accès au foncier qui doit être profondément revu.

Le développement des circuits courts doit être encouragé par des mesures garantissant un revenu digne à chaque famille paysanne. Les collectivités locales, les restaurants d’entreprises ont un rôle actif à jouer en privilégiant l’achat de produits locaux. Il s’agit donc bien de créer des filières de commercialisation locale permettant l’écoulement de la production.

 

9- Entre 2000 et 2010, nous avons perdu 12% de la surface agricole utilisée (SAU) dans notre département. Que comptez-vous faire afin de limiter voire stopper la perte des terres agricoles ?

Nous dégagerons une disponibilité de terres agricoles pour permettre l’installation de jeunes paysans –sannes et de locaux pour redynamiser les commerces de proximité. La loi d’expropriation pour les logements libres sera étendue pour les terres agricoles et les bâtiments de commerce.

Concernant la réorganisation agricole nous avons plusieurs propositions :

Revenir à des exploitations à échelle humaine, privilégier les circuits courts alimentaires, apporter des aides financières à l’installation des jeunes et aux petites exploitations, développer une agriculture qui tende vers l’autosuffisance locale afin de limiter les nuisances des transports,  imposer une agriculture sans pesticides, sans herbicides, ni OGM, arrêter la culture des biocarburants, supprimer les centrales d’achat…

Les collectivités locales doivent limiter l’urbanisation croissante (notamment le développement exponentiel de logements individuels) qui se fait au détriment bien souvent de terres fertiles. Elles devraient acquérir des terres pour permettre l’installation de jeunes paysans et développer la production maraîchère de proximité.

Cela passe également par une réforme des SAFER, qui doivent être plus représentatives du monde agricole, et en renforçant le droit de préemption.

 

10- Stress hydrique, changement climatique, pollution, gaspillage, coût au robinet toujours plus élevé. Quelles mesures de protection et quel partage des ressources en eau défendrez-vous ?

Il apparaît clairement que la ressource en eau n’est pas inépuisable. Elle fait l’objet d’enjeux géostratégiques énormes (Colombie, Israël/Palestine, Sahel, etc.) Sa préservation se pose avec une acuité croissante. C’est pourquoi nous nous opposons et sommes actifs contre le modèle économique et financier qui préconise la privatisation et la marchandisation de l’eau et de l’assainissement et refusons le mode de développement capitaliste et extractiviste, source de gaspillage de la ressource. Comme l’a rappelé la déclaration du Forum Alternatif mondial de l’eau (FAME) à Marseille en mars dernier, l’eau est un « bien commun et non une marchandise ». De ce point de vue, la résolution de l’ONU 64/292 constitue une avancée, de même que l’inscription de ce droit dans plusieurs constitutions en Afrique et en Amérique du Sud. Nous saluons le succès du référendum en Italie et la remunicipalisation des services de l’eau dans plusieurs municipalités. Après des décennies de privatisation sous la forme de délégation de service publique, concédée à quelques multinationales françaises qui ont construit des fortunes sur la production et la distribution de l’eau, nous observons que de nombreuses collectivités se réapproprient cette gestion qui ne doit pas être source de profit.

Nous nous prononçons clairement pour une gestion publique locale et citoyenne de l’eau, sous la forme de régie publique ou autre statut, associant à la fois les pouvoirs publics, les travailleur-se-s, les usager-ère-s et les associations de consommateurs.

Pour A Gauche toute ! une gestion publique doit permettre :

  • un meilleur entretien du réseau pour éviter les fuites, source de gaspillage énorme comme on peut l’observer en Ardèche méridionale  (de l’ordre de 30 %) et le remplacement immédiat des canalisations en plomb dont les risques sanitaires ne sont plus à démonter ;
  • la mise en place d’une tarification sociale avec l’instauration d’une progressivité des tarifs et la gratuité d’un volume d’eau pour chaque foyer ;
  • la mise en place de campagne de sensibilisation sur l’usage de la ressource et les modes de consommation ;
  • une gestion raisonnée de la ressource pour sa préservation.

Mais, outre une gestion publique et citoyenne de l’eau, nous pensons qu’il faut remettre en cause le modèle productiviste (agriculture, industrie et extractivisme principaux consommateurs d’eau). Nous sommes opposés à l’exploitation des gaz et huiles de schiste et autres pétroles bitumineux, sources de gaspillage et de pollution. Nous préconisons également de revenir à une agriculture raisonnée et adaptée au climat, une agriculture paysanne et familiale garantissant la souveraineté alimentaire et le recours à des techniques et des modes de production agro-écologiques respectueux de l’environnement et adaptés aux changements climatiques.

Les projets de grands barrages, l’énergie nucléaire, les agrocarburants doivent être remis en cause.

 

11- Plusieurs centaines d’espèces sont classées comme étant vulnérables en France sans que pour autant soient prises des mesures de protection efficaces. Quelles seront vos actions en faveur d’une protection accrue de ces populations animales et végétales ?

La concertation avec les associations de l’environnement doit être renforcée et leurs recommandations doivent être prises en compte, notamment en amont des projets d’infrastructures lourdes. Le modèle de développement actuel doit être remis en cause radicalement car il est profondément destructeur de biodiversité.

Nous nous engageons à travailler en étroite collaboration avec ces associations.

12- Le territoire français est riche de la diversité de ses biotopes. Notre département est particulièrement bien doté dans ce domaine. Le couloir rhodanien dans son ensemble est un axe majeur de la migration des espèces. Comment renforcerez-vous la dynamique des corridors écologiques ?

Idem (question 11)

Tag(s) : #Législatives 2012

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