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Communiqué de la commission internationale des Alternatifs
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Depuis 7 mois une grève oppose les ouvriers des exploitations pétrolifères aux grands groupes pétroliers kazakhs et au gouvernement.  Depuis le début du lock-out patronal, les ouvriers et leurs soutiens se retrouvaient pacifiquement sur la place Yntymak de Janaözen (dans la zone hautement pétrolifère de l'ouest Kazakh), en échos aux mobilisations des places Tarhir et d'Occupy Wall street. Pacifiquement, ils réclamaient  la reconnaissance de leur droit de grève, la réintégration des grévistes, la fin de la répression syndicale et, bien entendu, l'obtention des revendications à l'origine de la grève.

 

Ce mouvement de grève s'est développé malgré une répression très dure. Outre le licenciement de tous les grévistes, des menaces de morts contre toutes les figures du mouvement ont fini par se traduire par des passages à l'acte. Le 2 août, Jaksilik Turbayev, figure du mouvement et délégué principal de l'entreprise MunayFiltrServis, a été assassiné. Le 20 août, c'est la fille de Kudaybergen Karabalayev, délégué d'une des filiales d'OzenMunayGaz et deuxième figure de ce mouvement, qui était à son tour assassinée. Les menaces sont de plus en plus explicites contre tous les animateurs du mouvement. L'avocate des grévistes, Natalia Sokolova, a, quant a elle, été condamnée à  6 ans de prison.

 

Mi-novembre, alors que le mouvement de grève semblait s'élargir, une rencontre entre les travailleurs de deux grandes entreprises pétrolifère kazakh, OzenMunaiGaz et KarazhanbazMunai, des représentants patronaux et de l'état, pouvait laisser espérer une sortie de crise positive. Sur intervention de Birzhan Nurymbetov, vice-ministre du travail, la grève était reconnue comme légale et les grévistes réintégrés.

 

Mais aucune avancée n'était concédée sur les revendications des grévistes.

Ce n'est guère une surprise. Les intérêts en jeu sont énormes, tant la manne pétrolière est grande au Kazakhstan, et les intérêts des propriétaires des exploitations kazakhs, privatisées à vile prix après l'indépendance, se confondent avec ceux des oligarchies au pouvoir. Le chef de file des principaux actionnaires de la compagnie pétrolière, Timur Kulibayev, n'est autre que le fils du président.

 

Le 16 décembre, pour l'anniversaire des 20 ans de la manifestation d'Alma Ati à l'origine de l'indépendance Kazakh, les associations et syndicats d'opposition appelaient à un rassemblement place Yntymak.

 

A en croire les médias Kazakhs, les 3.000 manifestants  auraient été victimes d'une répression féroce de la part de la police et des forces spéciales. Des coups de feu auraient été tirés. Les syndicalistes kazakhs font état de rumeurs évaluant à plusieurs dizaines le nombre de morts et jusqu'à 500 blessés. Le bâtiment central de l'administration (l'équivalant de la préfecture) serait en feu. Les centres hospitaliers de la région appellent à des dons de sang dans l'urgence et des renforts auraient été diligentés hier soir depuis la capitale provinciale d'Aqtau. On évoque des tanks et 1500 soldats. Ces informations sont invérifiables. Les médias Kazakhs sont maintenant totalement censurés sur cette question devenue sensible.

 

Les Alternatifs condamnent la violence dont sont victimes les indignés de la place Yntymak. Ils soutiennent les revendications des grévistes de Janaözen et demandent que toute la lumière soit faite sur les violences dont ils ont été victimes.  Ils demandent aussi aux parlementaires européens qui ont accueilli le président Kazak, Nazarbajev, de condamner la répression au Kazakhstan. L'odeur de sang du pétrole kazakh ne peut pas s'évaporer  dans les petits intérêts de la realpolitik.

Tag(s) : #International

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