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Le Cinéma Le Navire, la Librairie Le Tiers-Temps,
et le Collectif Solidarité Palestine de l'Ardèche méridionale

présentent

LES CAMPS OUBLIES
Un film de Philippe TANCELIN
52 mn

JEUDI 05 AVRIL à 20 h 30

Cinéma Le Navire - Place de l'Airette - Aubenas

Projection suivie d'un débat
puis d'un échange lecture / musique / poésie / politique
avec Philippe Tancelin et les organisateurs
en présence d'un joueur de oud

Philippe Tancelin dédicacera ses derniers livres et recueils


LE FILM :

Que filmer ? comment filmer... quand ce qui est à voir ne souffre pas d'image...?
Les camps de réfugiés palestiniens au Liban sont provisoires depuis 64ans... Par millions sont les images de tous les réfugiés à travers le monde... Alors que dire de plus... que montrer qui ne soit déjà vu...

C'est par une approche poétique et éthique de l'image que l'auteur de ce film tente à nouveau de rompre le silence politique avec les mots du poème, pour des femmes des hommes qui nous ressemblent… sur des images qui nous rassemblent... et nous mettent à la fois si loin les uns des autres...
"Les camps oubliés" racontent l'histoire d'un regard, d'une présence quelques heures avec les
palestiniens oubliés, ceux dont le retour à la terre, au pays est fermé à double tour dans la
légende d'un demi-siècle déjà.

"les camps oubliés" a été sélectionné par le Festival "Art en Exil" à Paris en mars 2012 et pour le Festival du Documentaire de Vincennes  à l’automne 2012


UN EXTRAIT :

"Vous connaissez "Les misérables " de Victor Hugo ?"
"Vous allez voir ce qu’on fait des "nouveaux misérables !"

C’est bien en ma direction, que l’homme parle et fait cette référence canon. C’est bien sur moi que son regard vient de se poser, pénétrant, sardonique...
C’est sans doute à l’adresse de tout un monde, assis  sur une culture humaniste ancestrale qu’il parle... les mots se pressent, ordonnés mais étrangers à la bouche de ce beau garçon de trente-cinq ans avec son fort accent moyen-oriental dans la prononciation des "r" de langue anglaise...

Il fait chaud en ce début d’après-midi de mai 2010, une  chaleur ronde et humide enveloppe corps et décors d’un voile collant... Elle isole du monde extérieur selon une certaine épaisseur de surdité, une opacité tenace.

Ses yeux verts derrière les lunettes ont percé ma crainte, ils ont fixé mon trouble profond devant le risque de devenir cet après-midi un quelconque visiteur-voyeur...comme tant d’autres...
Le regard me confronte rigoureusement à l’objet de ma venue,sa finalité, le corps même de ma présence...
J’ose à peine pénétrer le lieu, craignant de réaliser le dérisoire d’un passage... aussi solidaire
soit-il parmi le douloureux… l’indicible… une intime étrangeté.

A peine entré, je songe déjà à la sortie, à mon retour dans le monde comme si ce n’était pas ici le monde, mais l’ante-monde... ce qui me ferait retrouver le lien, le point de contact avec ce qu’il y a d’antique en nous, dans le rassemblement humain... la rencontre... irréductible aux circonstances...

...Je crois que je viens de comprendre clairement ce qui est mis en alerte, se prononce dans le
silence... se dessine sous la citation de Victor Hugo.
C’est ma propre voix que j’entends : "Tu penses que tu vas voir ce que tu sais déjà... ce que tu
crois savoir... en réalité, tu vas faire connaissance de ce que  savoir ignore"...
Est-ce cela que "les nouveaux misérables" retiendront de ma visite... ce qui de leur insupportable rapporte mon regard à sa propre détresse ?...
On croit savoir... on possède des informations, on s’en imprègne pour mieux les faire siennes, pour les refouler à souhait... on croit connaître... on pacifie sa conscience... on se tait... on feint
d’ignorer... le scénario est le même depuis toujours...
Une fois serein, rendu indifférent à ce qui inquiète, on perd le sentiment d’urgence. L’urgence
urgente, par laquelle on connaît, on naît AVEC ce que l’on sait... par l’expérience même de l’autre dont nous devenons inséparables.
Peu à peu nous cessons d’être urgents à notre propre existence, la négligeant et nous nous
égarons... perdons le contact sensible avec nous-mêmes... ne devenons plus que notre propre visiteur épisodique... flâneur... distrait.

...Je ne suis pas venu vous visiter... d’ailleurs je vous le dis ou crois encore que cela est juste
de le dire... je viens vous saluer...

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16-18 SEPTEMBRE 1982
SABRA ET CHATILA
QUI SE SOUVIENT ?

Ce jour-là, l’armée israélienne qui encerclait les  camps de réfugiés palestiniens de Sabra et
Chatila dans Beyrouth, après avoir envahi le Liban – des camps où ne restaient que des civils depuis le départ des troupes de l’OLP, le 1er septembre – faisait entrer dans les camps des miliciens libanais des Phalanges chrétiennes.

Pendant plus de quarante-huit heures, assistés pendant la nuit par les fusées éclairantes tirées par l’armée israélienne, les miliciens armés et équipés par cette même armée, vont massacrer systématiquement environ 3.500 hommes, femmes, enfants, vieillards. Des snipers israéliens apporteront leur concours. Les corps d’une délégation de vieillards palestiniens, arborant un drapeau blanc, envoyés vers les chars israéliens qui encerclent  les camps pour expliquer l’absence totale de soldats palestiniens seront retrouvés sans vie là où se trouvaient les chars…

Les auteurs de ce crime contre l’humanité et de ces violations graves des Conventions de Genève et leurs complices n’ont jamais fait l’objet des moindres poursuites. Comme d’habitude, les crimes majeurs commis par Israël ou sous son autorité bénéficient de la plus totale impunité.

Certains disent que le monde a changé le 11 septembre 2001, mais le 16 septembre 2011, 29 ans après les massacres de Sabra et Chatila, rien n’a changé pour les Palestiniens.

Raoul Marc Jennar, 09/2011
http://www.jennar.fr/

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PHILIPPE TANCELIN est docteur d'État en philosophie et professeur d’université. Il enseigne la philosophie esthétique. Il est également président de « l'internationale des poètes ». Il a opéré le choix d'une approche poétique de l'histoire et de la relation témoin-événement. Ses activités de recherche se concentrent autour de la question de l'oralité poétique. Il dirige de nombreux ateliers de création poétique transdisciplinaires. Son écriture résonne de ses rencontres surles fronts de résistance contre l'exclusion, l'exploitation des démunis, le soutien aux peuples opprimés. Dans le courant des 1990, il crée et instruit de nombreux ateliers de création poétique en milieux : universitaire, scolaire et marginalisé. Il insiste sur la dimension orale de la poésie et s'inscrit dans la longue tradition des poètes « proférateurs ».
Il fonde avec Geneviève Clancy, le Centre international et interuniversitaire de créations d'espaces poétiques (CICEP ) qui regroupe une cinquantaine de chercheurs universitaires et artistes autour de la mise en confrontation et appréciation de l'écart entre la poésie et les autres arts.

Philippe Tancelin dirige, avec Emmanuelle Moysan, la collection Poètes des cinq continents aux Editions l’Harmattan.

Dernières parutions, aux Editions de l'Harmattan :
http://www.editions-harmattan.fr
- L'IVRE TRAVERSÉE DE CLAIR ET D'OMBRE suivie de LES CAMPS OUBLIES
- AU PAYS DE L'INDIVIS AIMER

Tag(s) : #Activités locales

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