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ag-front-popul-23ef80a23-1.jpgA l'initiative de RAID Tunisie et de certains partis membres du Front Populaire, une rencontre  internationale s'est tenue les 23 et 24 mars 2013 (week end précédent le FSM à Tunis). Elle a réuni des délégations de différents pays du Bassin méditerranéen. Elle s'est déroulée en trois temps : le 23 après-midi, plusieurs exposés et débats ont traité de la situation de la dette et leur conséquences, d'une part,  en Tunisie et en Egypte, d'autre part, dans l'Etat espagnol, en Grèce et au Portugal ; puis la matinée du 24 les alternatives et les ripostes possibles ont été débattues pour aboutir à une déclaration commune ; enfin, un grand meeting populaire s'est tenu au palais des congrès le dimanche après-midi.

 

Nous avons pu mesurer, grâce aux témoignages de nombreux pays  : Tunisie, Egypte, Algérie, Maroc, Liban, Palestine, Syrie mais aussi Grèce, Espagne et Portugal, à quel point les gouvernements de ces pays s'alignent sur les recommandations des institutions financières internationales en imposant des politiques d'austérité qui ont des conséquences extrêmement graves pour les populations. Les pouvoirs qui ont succédé aux dictatures renversées ont poursuivi les recettes néolibérales avec pour conséquences l'aggravation de l'endettement, l'incapacité à réduire les inégalités et à développer des programmes sociaux et économiques en réponse aux aspirations populaires qui se sont exprimées lors des révolutions.

 

Dans les pays du nord, nous connaissons mieux la situation avec les exemples de la Grèce, de l'Etat espagnol et du Portugal, suivi par Chypre aujourd'hui où la Troïka, avec l'Union européenne, impose des politiques d'austérité remettant en cause le compromis social déjà bien attaqué.

 

Eric Toussaint pour le CADTM a montré que la résistance à l'endettement et aux institutions internationales est possible ainsi que le montrent les exemples de trois pays : l'Argentine, l'Equateur et l'Islande qui ont suspendu le remboursement de la dette ou décidé de ne pas la payer.

 

La discussion autour du texte final a montré une forte volonté de poursuivre ces rencontres, qui sont très importantes pour nos camarades arabes car elles permettent d'échanger sur la situation et sur les moyens de mobiliser les populations autour de cette question fondamentale qu'est le paiement de la dette. Ce réseau en construction est également important pour fédérer des organisations de l'ensemble de la Méditerranée, y compris des pays qui comme la France sont des créanciers en particulier de la dette tunisienne. Des actions communes sont envisagées dans des formes à préciser.

Les Alternatifs, présents à cette rencontre (invités de dernière heure), sont signataires du Manifeste final de la rencontre méditerranéenne de Tunis et entendent s'inscrire pleinement dans ce réseau.

 

Le meeting populaire a réuni plus d'un millier de personnes dans une ambiance dynamique et militante, avec slogans et chants révolutionnaires. Ponctuant la vingtaine d'interventions des participants à la rencontre, plusieurs vidéos ont été projetées en hommage à Choukri Belaïd assassiné le mois dernier et à Hugo Chavez, et en souvenir des journées révolutionnaires du printemps 2011, montrant notamment la répression violente des manifestations.

Les intervenants ont été très (trop) nombreux : des représentants de l'Etat espagnol, du Portugal, de la Grèce, du Maroc, de l'Egypte, d'Algérie, de Syrie, du Vénézuela, de la Colombie, du Liban, d'Italie, d'Haïti, de Palestine. Pour la France, sont intervenus Olivier Besancenot pour le NPA et Marie-Christine Vergiat pour le groupe GUE... Le meeting s'est terminé par une intervention d'un porte-parole du Front Populaire chaleureusement applaudie.

 

Pour les Alternatifs, cette rencontre internationale sur la dette est très importante et le réseau en construction à l'échelle du Bassin méditerranéen doit devenir un point d'appui pour envisager des ripostes populaires aux politiques d'austérité. Cela suppose un élargissement à l'ensemble des formations de la gauche radicale qui s'opposent à ces politiques dans les différents pays.

 

Nathalie Marcu et Richard Neuville

 

Tag(s) : #Economie - Finances

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